Les filières qui dessinent les métiers de demain

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Le passage à l’intelligence numérique cognitive est en train de bouleverser la donne. Dell et l’Institut pour le futur, le centre de recherche de l’université d’Oxford, se sont amusés à dessiner l’avenir des emplois en 2030.

Une vingtaine d’experts du numérique a travaillé de concert pour imaginer les changements à venir au sein des entreprises et dans le monde du travail en général. Une analyse, qui a fait les choux gras des médias, puisqu’il en ressort que 85% des emplois pour l’horizon 2030 n’existent pas aujourd’hui.

Tout est donc à inventer. Apprentissage automatique ou profond (machine learning ou deep learning), algorithmes, plus il y a d’avancées, plus les métiers se peaufinent, se réinventent ou s’apprêtent à disparaître. Et ce sont tous les secteurs d’activités qui sont concernés, de l’industrie au commerce, en passant par la santé, les transports, l’éducation, la cybersécurité, ou la gestion des ressources humaines, entre autres.

Face à cette montée en puissance mondiale de l’Intelligence artificielle, de nombreux pays cherchent à combler retards et lacunes, quand d’autres attirent les meilleurs profils où qu’ils se trouvent. Le Maroc, lui, fait face à une sorte de «hotte aspirante» de ses talents.

«Les diplômés, récents et anciens, nous annoncent régulièrement leur départ à l’étranger. Entre 600 et 700 ingénieurs et informaticiens quittent le pays chaque année, poussés par l’envie de monter en compétence car ils ne trouvent pas toujours ce qu’ils recherchent au Maroc», explique Khalid Benzakour, directeur général de l’ISGA, spécialisée dans la formation des cadres polyvalents dans les domaines du management et de l’ingénierie.

L’informatique est d’ailleurs la fonction la plus recherchée en 2018, selon le cabinet ReKrute.com. Elle a capté les ¾ des demandes de l’année, en hausse de 14% par rapport à 2017. Les employeurs peinent à trouver ces profils qui choisissent de s’expatrier de plus en plus, dont le nombre est de surcroit déjà très faible sur le marché.

En effet, seulement 8.000 ingénieurs et assimilés (ce chiffre englobe également les informaticiens bac+3) arrivent sur le marché chaque année, alors que la demande dépasse largement ce nombre. «La filière informatique est très clairement parmi les plus porteuses d’une manière générale, et plus particulièrement ce qui touche au Big Data» confirme-t-il.

«La demande de profils experts dans le digital tels que les chief data officer, les data scientists/data analysts et les community managers… connait une évolution impressionnante», indique pour sa part, Abdelaziz Bennis, président de l’Association marocaine du conseil en recrutement (AMCR) et DG de IBB Executive Search.

Même dominante au sein de l’EMSI, l’école marocaine des sciences de l’ingénieur. «La filière génie informatique et réseaux représente 33% de nos effectifs» confie le président directeur général, Kamal Daissaoui. Pour lui, il s’agit à la fois de «suppléer aux informaticiens marocains qui partent à l’étranger, tout en répondant à la demande croissante des sociétés marocaines sur ce créneau». Alors entre les besoins du pays et ceux des autres, le spectre est large.

En manque de ressources humaines, les entreprises se sont mises à recruter des profils bac+3 afin de pallier ce déficit. Ainsi, les offres d’emploi concernant la fonction informatique a gagné 10 points en 2018, avec 11% des annonces qui sont dédiées à ces profils.

Depuis longtemps, la filière finance connaît elle aussi son petit succès. «S’agissant de la formation audit et contrôle, la demande est importante mais absorbe peu car très sélective, le marché n’est pas énorme. Le tissu économique a plus besoin de financiers que d’auditeurs et contrôleurs», explique Hassan Sayegh, directeur général de l’école supérieure de commerce, gestion, management, ingénierie et informatique, HEM.

Même avec seulement 2% des offres d’emploi qui lui sont destinées en 2018, la fonction finance et comptabilité a pu décrocher la quatrième position dans le classement des métiers les plus sollicités du jobboard ReKrute.com.

Par ailleurs, Hassan Sayegh estime que la spécialité management international & logistique qui s’est développée ces dernières années, «commence à stager mais à un niveau élevé. Le marché est demandeur».

En effet, la pratique d’un management adapté au contexte de la mondialisation suppose une réelle capacité à utiliser les techniques appropriées et à appréhender toutes les dimensions de l’environnement international (culturelle, humaine, juridique, institutionnelle et technologique), tout comme la logistique est devenue l’un des enjeux stratégiques majeurs pour de nombreuses organisations nationales et internationales.

Leconomiste.com

Joséphine ADAM & Tilila EL GHOUARI

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